En exclusivité sur    les premières pages du roman de Lolodila,

 

 

Oeuvre Dard

 


Le Bigaro Magazine : Un roman dans le plus pure style Sanantonianesque. Frédéric Dard est mort, Lolodila vient de naître.
Enfin un auteur digne de lui succéder. Allez retrouver la suite de ses aventures
sur le site de l'auteur : Lolodila


 

 

Ben faut bien commencer non ?

 

 

- Putain de dieu, où j’ai perdu mon briquet flamme… je l'avais laissé sur le bureau près du cendrier. Je sais bien qu’il sent le pétrole à quinze mètres mais faut pas déconner, j’y tiens comme à la prunelle de mes yeux. C’est un cadeau de ma grand-mère et j’ai pas envie d’en acheter un autre. Déjà que j’ai perdu mon téléphone portable la semaine dernière en faisant une léchouille avec la syndicaliste des hôtesses de l’air de Charles de Gaulle.

On le changera plus Lapieuvre, toujours aussi prolifique en paroles, mais y’a pas à dire, pour toucher sa bille en ordis, y’a pas mieux. C’est le roi de la bidouille. Il te rentre en deux temps trois mouvements dans n’importe quel programme protégé. Pas pour rien qu’on l’appelle Lapieuvre…

- Je te rappelle lolo que tu me dois deux caisses de beaujolpifs par rapport à la semaine dernière vu que t’as perdu ton pari sur les foies de canards qui étaient importés du magreb… J’avais mis dans le mille, comme d’hab.

C’est vrai qu’il est indispensable le blaireau, sans lui, notre service serait déjà dans les oubliettes et le grand patron nous aurait déjà débaptisés à Saint-Jean-de-Luz. Faut dire que notre turf est du genre inconnu. On travaille dans l’ombre, sans filets, du genre tu te casses la gueule t’as pas droit à la Sécu. Les accidents de claviers, c’est pas remboursables.

- j’espère que t’as pas oublié patron, j’ai pas fait rentrer de pinard du fait que j’avais bonni.

- T’inquiètes Lapieuvre, j’ai pas oublié, j’ai déjà rencardé le Vice pour qu’il me mette cinq caisses du grand boss en réserve.

Le Vice, c’est un pote qui est devenu chauffeur personnel du big boss. Un gars démerdard, au regard franc et sympa. Je l’ai connu quand je bossais pour la DST[1]. On faisait équipe au Venezuela. Un soir on est tombé en embuscade dans un taudis de Maracaibo. Ca tirait de partout. Le Vice y a laissé une jambe. Fin de carrière et mise à la retraite anticipée.

Pour t’en revenir à notre job, je te préviens tout de suite, c’est un métier pas net. On se tape le sale boulot. On est du genre à t’éclater la carte mère pour voir si elle à pas de puces staliniennes importée de Madagascar. Notre turf c’est rien par rapport à ce que tu peux t’imaginer. Même dans le guide du parfait bricoleur y parle de nous avec cinq étoiles.

Faut dire qu’on lésine pas sur les moyens. Bond comparé à notre équipe c’est une enfant de cœur. Le matos qu’il se coltine sort tout droit de la préhistoire. Nous c’est du sérieux, du moderne. T’as pas intérêt à nous voir débarquer dans ton médion. Même s’il parle allemand au départ, on te le fait causer en ancien grec sans problème.

Notre unité est unique, made in France pur porc. Même les amerloques ont du mal à nous suivre. Nous, on joue dans la cour des grands. La CIA fait pale figure. Les Russes n’en parlons plus, ils utilisent encore des quatre cent quatre vingt six couplés avec des lecteurs de disquettes cinq pouces et demi. Le matos qu’on se coltine, même dans les catalogues de la Redoute tu le trouveras pas. Tiens pour te mettre l’eau à la bouche, nos ordinateurs portables ont la taille d’une boite d’allumettes et encore pas le format familial et quand tu les déplies t’a le vingt pouces seize neuvième extra plat. Le top du top.

Faut te dire aussi que les ingénieurs qui bossent à la maison mère ont des Q.I. cent fois plus développés que ceux des pigmés du Kurdistan. Bref, tout ça pour que tu comprennes qu’on rigole pas. Nous on fait partie d’un machin que même Chirac peut pas imaginer. Là maintenant je peux pas tout te raconter, mais faut que tu saches que c’est encore plus dingue que ce que tu crois.

Le net c’est une toile immense où tout circule, surtout des informations top secret. Tu as de tout, beaucoup de rien, mais entre deux tu as ceux qui tiennent les couilles du monde.

Faut savoir que tout est relié sur la toile. Les banques, les administrations, les entreprises…. Tout est noté, enregistré, fiché, rangé, stocké, sauvegardé.

T’as par exemple la première pipe du Prince Charles avec arrêt sur image et zoom incorporé. T’as aussi la colique de Charles Aznavour à Juan-les-pins lors de son dernier concert en chaise roulante, les feuilles d’imposition de Georges Marchais de 1943 à 1977, la première dent de Marylin Monroe, celle que sa mère croyait avoir perdue en vidant la poubelle un soir de mai 1932, les plans de la dernière bombe H à sulfateuse déconfite à l'ion de Port Barcarès. T’as aussi les preuves sur bande que les piles Duracel ne durent pas plus longtemps que les piles Wonder, et encore je te dis presque rien.

Notre gagne-pain est pas référencé dans le dico. C’est de la braise ardente. On forme une petite équipe inconnue au bataillon de Joinville. On a accès à tous ce qui touche de près ou de loin à la sécurité du pays. Tous ce qui est relié sur le net est notre priorité. On surveillent entre autres les boîtes aux lettres bidons qu’utilisent les malfrats de tous poils pour se passer des informations. T’as aussi dans la catégorie au-dessus, les terroristes qui utilisent Internet pour promouvoir leurs messages de merde, les sectes, la bande à Momo. Bref, on est là pour te surveiller tout ce petit monde et intervenir.

Pour t’en revenir à notre équipe, y’a moi en tout premier lieu. Je vais pas te raconter ma vie, mais saches qu’elle est pas insolite. Te dire que j’ai la quarantaine, célibataire et que je crache pas sur la gente féminine t’informera de mon hétérosexualité[2]. Que j’ai la taille et la carrure de Marlon Brando à vingt-cinq ans et le sourire de Mickey Rourke te feras sûrement chier, mais bon, c’est comme ça, t’as les beaux mecs et tu as les autres. T’informer que mes coéquipiers m’appellent patron ou Lolodila et que les hôtesses de l’air préfèrent me dire Monsieur Laurent t’avanceras à pas grand chose, mais bon, c’est dit.

Ensuite, et rien qu’avec lui je pourrais t’écrire un roman, t’as Lapieuvre surnommé aussi le blaireau. L’unique, le seul, l’inénarrable. Un physique de schtroumf, une taille d’antilope mais dans le sens de la longueur. Un appétit de nègre et un goût immodéré pour les boissons de plus de quarante degrés te dessines bien le personnage. Mais sa particularité première c’est son sens du devoir. C’est le gars qui hésite pas à donner de sa personne. Toujours sur la brèche, il est capable de rester devant un écran trois jours complets sans sourciller. En un mot et un seul, indispensable.

On a aussi Lapomme, un petit jeune sortis à quatorze ans de polytechnique. C’est un petit gars sympa, genre bon chic bon gendre mais aussi et surtout un as de la haute technologie à échelle réduite. Il a le chic pour te fabriquer des machins miniaturisés que tu peux pas seulement imaginer. Tiens, un exemple : un Pentium 4, tu vois la place que ça prend, et bien, lui il te rentre tout le toutim dans un dés à coudre.

Ensuite et pour en terminer avec l’équipe de choc on a Planchont plus communément appelé Le faussaire. Sa spécialité c’est le juridique et l’administratif. Il est le fil qui nous relie avec les institutions et les administrations. T’as besoin d’un passeport pour aller en Thaïlande et bien tu demandes et tu l’as dans les dix minutes. Tu veux savoir si la société Trucmuche est bien maquée avec la multinationale Speed ? Ben Planchont te sort le rapport du dernier conseil d’administration et peut même te dire que la secrétaire particulière de Mister Speed ne porte jamais de culotte.

J’ai oublié de te parler du grand boss. La seule chose que j’ai le droit de te dire c’est qu’il a été mandaté par la haute hiérarchie pour monter une équipe de spécialistes (nous en l’occurrence) afin de contrer et de pourchasser impitoyablement les pourris de tout poils qui circulent librement sur la toile mondiale et qui menacent le fragile équilibre du monde. Don acte.

 

Partie 2

 

Le code de la propriété intellectuelle n’autorisant, aux termes des paragraphes 2 et 3 de l’article L. 122-5, d’une part, que les « copies ou reproductions strictement réservées à l’usage privé du copiste et non destinés à une utilisation collective » et, d’autre part, sous réserve du nom de l’auteur et de la source, que les « analyses et les courtes citations justifiés par le caractère critique, polémique, pédagogique, scientifique ou d’information », toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle, faite sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droits ou ayant cause, est illicite (article L. 122-4). Cette représentation ou reproduction, par quelque procédé que ce soit, constituerait donc une contrefaçon sanctionnée par les articles L. 335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.

 



[1] DST : Services Secrets Français

 

[2] par les temps qui courent, il est bien de revendiquer son appartenance

 


.:: compteurs ::.

Nedstat Basic - Free web site statistics


 

-----------------------------7d2a7283d0440--